Révolte en Iran : la presse change de job

Malgré les divereses sensures mises en place, le flux d'information est passé, depuis l'Iran, vers le reste du monde.
CNN et autres se sont fait doubler par Youtube, Twitter, des blogs (RWW, Revolutionary road, etc.). C'est un fait.
J'ai tout de même envie de faire une petite analyse +/- à chaud :

+

- Les retours sont "terrain", envoyés par des "experts" (ce sont des iraniens, ils savent de quoi ils parlent), les films, au plus près de l'action, de l'actualité, on est "dans l'évenement"
- Twitter envoie un flux d'info qui écrase le flux Reuteurs en terme de fraicheur d'info
- La diversité des sources permet de recouper un minimum l'info, et d'obtenir certain niveau de fiabilité (hyper contestable)
- L'absence de copyright, permet une diffusion virale fulgurante
Cette vagne d'information, semble t-il, a obligé les média classiques, à traiter cet évenement plus précisément, on peut imaginer qu'elle poussera également nos dirigeants à agir, prendre position, prendre parole sur le sujet (extrapolons jusqu'au bout, le peuple reprendrait-il ainsi le pouvoir sur l'agenda politique/la stratégie intérieure et extérieure de leur pays ?)

-
- Les vidéos sont d'une qualité souvent médiocre, trop médiocre parfois pour ne pas risquer de comprendre l'inverse de l'image. Les photos de presse sont aussi d'un beauté et d'un sens plus puissant (voyez vous même)
- Les comptes twitter, les blogs, les comptes Youtube, etc. qui envoint des rafales d'informations, qui est derrière ?
L'information est maléabe, manipulée par des sources partisanes plus ou moins anonymes, ne devient-elle pas à la limite de l'exploitable et du fiable ? (même, comme évoqué plus haut, si la multiplicité de ces faisceaux de sources permet de reconstituer une "véritée" partagée)
- Si on suite la règle de recoupement des information pour obtenir la fiabilité d'un fait, ce serait donc la version la plus bombardée sur le les réseaux et la plus reprise qui serait la "plus vraie" ?
- Quid du recul ? On nous lance des flux d'informations chaque instant, nous avons donc conscience qu'en Iran, des personnes s battent pour leur liberté, pour des élections justes.
Quid de l'impact réel ? Twitter bourdonne, les blogs bourdonnent, et alors finalement, quel impact sur la révolte ? L'ONU, les grands de ce monde, sont ils sensiblent aux trending toppics ? (pour caricaturer)

Cette question m'amène a me poser une question sur le positionnement des journalistes.

En effet, face a la plus part des points "-", il me semble qu'il sont un vecteur de solution clé.

Avant, en simplifiant, le journaliste devait a la fois,
- prendre du recul, analyser, mettre en perspective, etc.
ET
- faire du "breaking news", aller sur le terrain pour ramener de l'image choc, exclusive, des temoignages de locaux.

Petit a petit, la partie breaking news a pris le dessus me semble-t-il, mais maintenant, as-t-on besoin de journaliste pour ramener du témoignage de locaux, de l'image choc, terrain ?

Je ne crois pas, on a besoin d'eux pour qu'ils filtrent cette info, qu'il la "certifient" et la fiabilisent au maximum, la mettent en perspective, la compare, l'analysent, nous aident à prendre du recul sur cette révolte.

exemple de question où j'attendrai les journalistes :
Comment la mobilisation populaire évolue, au niveau national ? international ? non pas à court terme, mais sur la durée ? les conflits se durcissent-ils ? les forces de l'ordre se rallient-elles aux maniferstants ?
Qui manieste, que des Iraniens ? quelles classes sociales ?
Comment les dirigeants régionnaux, les occidentaux, les non-occidentaux régissent ? réagissent-ils ?

Je pense que cet évenement va changer beaucoup de chose ...à chaud, à voir dans quelques mois...

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